Mission St Christophe Et Marie
"Venez à moi, dis le Seigneur, vous tous qui peinez, vous qui est accablés, et moi je referai vos forces"

 
 
 



Vie et Enseignements de Saint Josémaria Esciva

 
 
 
Josémaria Escriva naquit en Espagne le 9 janvier 1902 et décéda à Rome, le 26 juin 1975. Le 2 octobre 1928, Dieu lui fit voir l’Opus Dei.
 
 
1902 - 1914
Une famille chrétienne
 
Il était plein de reconnaissance à ses parents pour l’avoir initié, pas à pas, à la vie chrétienne.
 
 
1914 - 1918
Des pas sur la neige
 
Cela peut surprendre qu’un détail apparemment si petit — des pas sur la neige— ait pu suffire pour qu’un adolescence prenne une aussi grande décision: livrer entièrement sa vie à Dieu. Mais il s’agit du langage de Dieu pour appeler les hommes et des réponses, des signes de la foi, d’âmes généreuses qui cherchent Dieu sincèrement.
 
 
Pourquoi vais-je devenir prêtre? Le Seigneur veut quelque chose; qu’est-ce donc? Et avec un latin de cuisine, je répétais: Que se fasse ce que Tu veux et que j’ignore.
 
 
C’est chez les pauvres, chez les malades, les ignorants, les déshérités, chez les enfants qu’il trouvait la force pour accomplir l’immense projet que le Seigneur avait déposé ce jour-là sur ses épaules. Ce fut à l’école de la souffrance que se forge a son âme.
 
 
“J’avais vingt-six ans, la grâce de Dieu, la bonne humeur et rien d’autre. Et je devais faire l’Opus Dei”.
 

1928 - 1936
Les Premières Années
 
1928, 1929, 1930... C’étaient les années où Saint Josémaria devait réaliser ce bon vouloir divin alors qu’il ne comptait ni sur des gens préparés, ni sur des moyens financiers ni sur un quelconque mécénat.
 
Dans cette guerre fratricide, il y eut aussi le déchaînement d’une forte persécution religieuse, l’une des plus sanglantes de l’histoire de l’Église.
 
 
1938 - 1945
Recommencer
 
Après avoir franchi les Pyrénées, il fit un court séjour à Pamplune puis il s’installa à Burgos. De là, dans l’étroitesse et les privations, dans un pays dévasté, il fit un intense apostolat.
 

1939 - 1946
Au service des prêtres
 
« J’ai commencé à prêcher beaucoup, beaucoup de retraites spirituelles — elles duraient à l’époque sept jours — dans différents diocèses d’Espagne. J’étais très jeune et j’éprouvais une grande honte.
 
Le Christ, Marie et le Pape étaient les grands amours de sa vie. Il était finalement arrivé tout près du Vice-Christ, en cette nuit du 23 au 24 juin 1946.
 
 
1946 - 1951
Joie, douleur, confiance
 
« Savez-vous pourquoi l’ Oeuvre s’est tellement développée ? Parce qu’on l’a malmenée, traitée comme un sac de blé que l’on roue de coups, mais la semence est si petite qu’elle ne s’est pas abîmée, au contraire, elle s’est répandue aux quatre vents ».
 
 
1946 - 1951
L’expansion
 
De 1946 à 1960, l’Opus Dei a commencé à travailler apostoliquement dans plusieurs pays : le Portugal, l’Italie, la Grande-Bretagne, la France, l’Irlande, les États-Unis, le Kenya, le Japon, parmi tant d’autres.
Ce fut une période de souffrance physique. Le diabète gênait considérablement le Père. Il vivait avec un mal de tête permanent, il souffrait beaucoup de la soif, il avait beaucoup grossi, sans compter les troubles de cette maladie.
 
Saint Josémaria avait vu, le 2 octobre, que l’Opus Dei s’adressait à tout type de personnes

1962 - 1965
Le concile Vatican II
 
Le 25 janvier 1959, lorsqu’il apprit que le concile avait été convoqué, le fondateur de l’Opus Dei montra sa joie et son espérance et commença à prier et à demander des prières “pour l’heureuse issue finale de cette grande initiative qu’est le Concile oecuménique”.
 
 
1970 - 1971
Des années difficiles
 
”Si nous prions tous ensemble, si nous y mettons un peu de notre bonne volonté, le Seigneur nous accordera sa grâce et cette nuit noire, cette terrible nuit, passera. L’aube se lèvera et le matin regorgera de soleil”
 
 
Dès 1970, saint Josémaria décida de « prendre le taureau par les cornes » afin de confirmer les gens dans la foi et de leur donner la raison de leur espérance. Il fit de longs voyages dans de différents pays et y rencontra de très grands groupes de personnes. Lorsqu’il répondait aux questions qu’on lui posait, il touchait les cœurs et les encourageait à renouveler leur engagement chrétien.
 
 
Son âme brûlait du désir de contempler le visage du Seigneur, face à face. « Seigneur, j’ai une envie folle de voir ta face, d’admirer ton visage, de te contempler...! »
 
 
Le 26 juin, à midi, il décéda sur son lieu de travail. La nouvelle de sa mort se répandit vite de par le monde.


 


L'Opus Dei


Que veut dire Opus Dei?

« Opus Dei » veut dire « Œuvre de Dieu ». Prélature de la Sainte Croix et Opus Dei est son nom complet. On l’abrège pour dire Prélature de l’Opus Dei, ou tout simplement Opus Dei.

Qu’est-ce que l’Opus Dei?

L' Opus Dei est une prélature personnelle de l'Eglise catholique dont la finalité est de collaborer à la mission d’évangélisation de l'Eglise, en promouvant parmi les fidèles chrétiens de toute condition une vie pleinement cohérente avec la foi, dans les circonstances ordinaires de l’existence, par la sanctification du travail, tout particulièrement.

Le Seigneur, dit saint Josémaria, suscita l’Opus Dei en 1928 pour rappeler aux chrétiens que, comme le dit le livre de la Genèse, Dieu a créé l’homme pour qu’il travaille. Nous sommes là pour attirer de nouveau l’attention sur l’exemple de Jésus qui, durant trente ans, demeura à Nazareth, au travail, à faire son métier. Dans les mains de Jésus, le travail, un travail professionnel semblable à celui de millions d’hommes sur terre, devient une tâche divine, un labeur rédempteur, un chemin de salut.


Qu’entend-on par sanctifier le travail?

L'esprit de l' Opus Dei reprend la très belle vérité qui veut que tout travail digne et noble puisse devenir une tâche divine. Sanctifier le travail signifie travailler selon l’esprit de Jésus-Christ : achever la tâche jusqu’au bout, pour rendre gloire à Dieu, au service des autres et contribuer ainsi à sanctifier le monde en faisant que l’esprit de l’Évangile soit présent dans toutes les activités et les réalités temporelles.


Quelle est l’activité de la prélature de l’Opus Dei?

La prélature de l’Opus Dei fournit des moyens de formation spirituelle et une assistance pastorale, d’abord à ses propres fidèles, mais également à de nombreuses autres personnes, pour que tous et chacun, à leur place dans l’Église et dans le monde, connaissent et aiment Dieu Notre Seigneur, rendent témoignage de leur foi et collaborent à donner une solution chrétienne aux problèmes de la société.



 
 
Enseignements

 

Saint Joseph, notre Père et Seigneur.

Le fondateur de l’Opus Dei aimait saint Joseph d'une affection toute particulière. Avec la manière si expressive qui était la sienne, il met ici en lumière la relation unique qui unissait le saint Patriarche à Jésus et à Marie.

 
« Jésus a travaillé avec Joseph, dans son atelier. Comment devait être Joseph, et comment la grâce avait dû agir en lui, pour qu'il fût capable de mener à bien la tâche d'éduquer, sur le plan humain, le Fils de Dieu?

Car Jésus devait ressembler à Joseph, par les traits de son caractère, par sa façon de travailler et de parler. Dans son réalisme, dans son esprit d'observation, dans sa manière de s'asseoir à table et de partager le pain, dans son goût pour exposer la doctrine d'une manière concrète, en prenant pour exemple les choses de la vie ordinaire, se reflète ce que furent l'enfance et la jeunesse de Jésus, ce que furent par conséquent ses rapports avec Joseph.


On ne peut méconnaître la sublimité du mystère. Ce Jésus qui est un homme, qui parle avec l'accent d'une région déterminée d'Israël, qui ressemble à un artisan nommé Joseph, est bien le Fils de Dieu. Et qui peut apprendre quelque chose à Dieu ?



Cependant Il est vraiment homme, et sa vie est normale: un enfant d'abord, un jeune homme ensuite, qui aide dans l'atelier de Joseph, et enfin un homme mûr, dans la plénitude de l'âge: Jésus croissait en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Joseph fut, sur le plan humain, le maître de Jésus. Il l'a entouré, jour après jour, d'une affection délicate, il a pris soin de Lui avec une abnégation joyeuse. N'est-ce pas là une bonne raison pour considérer cet homme juste, ce saint Patriarche, en qui culmine la foi de l'Ancienne Alliance, comme un maître de vie intérieure ?

 La vie intérieure n'est rien d'autre qu'un rapport assidu et intime avec le Christ pour nous identifier à Lui. Et Joseph saura nous dire bien des choses de Jésus! C'est pourquoi, vous ne devez jamais négliger de le fréquenter: Ite ad Joseph, comme l'a répété la tradition chrétienne par une phrase de l'Ancien Testament. »

Extrait de l’homélie dans l’atelier de Joseph, publiée aux éditions du Laurier dans le recueil Quand le Christ passe.




 
Article que saint Josémaria publia dans le quotidien madrilène ABC le 2 novembre 1969. Le fondateur de l’Opus Dei parle de l’amour de la liberté comme de l’un des trésors de la foi chrétienne.



Les richesses de la foi

Dans son hymne aux richesses de la foi qu’est l’épître aux Galates, saint Paul nous dit que le chrétien doit vivre dans la liberté que le Christ nous a gagnée (1). Ce fut l’annonce de Jésus aux premiers chrétiens et il continuera de l’être tout au long des siècles : l’annonce de la libération de la misère et de l’angoisse.

L’histoire n’est pas soumise à des forces aveugles et elle n’est pas le résultat du hasard, elle est la manifestation des miséricordes de Dieu le Père. Les pensées de Dieu sont au-delà de nos pensées, dit l’Écriture (2). Voilà pourquoi faire confiance au Seigneur veut dire avoir une foi en dépit de tous les dépits, en allant au-delà des apparences. La charité de Dieu, qui nous aime éternellement, est derrière chaque événement bien que d’une manière souvent cachée pour nous.

Quand le chrétien vit de foi, avec une foi qui ne soit pas que du verbiage, mais la réalité d’une prière personnelle, l’assurance de l’amour divin perce sous la joie et la liberté intérieure. Ces nœuds qui tenaillent parfois le cœur, ces poids qui écrasent l’âme, se brisent et se dissolvent. Si Dieu est pour nous, qui contre nous ? (3) Et il y a tout de suite le sourire sur nos lèvres. Un fils de Dieu, un chrétien qui vit une vie de foi peut souffrir et pleurer : il peut avoir des raisons de se plaindre mais il ne peut jamais être triste.
La liberté chrétienne jaillit de l’intérieur, du cœur, de la foi. Mais elle n’est pas simplement individuelle, elle a également des manifestations extérieures. Parmi celles-ci, l’une des plus caractéristiques de la vie des premiers chrétiens : la fraternité. La foi, cette grandeur du don de l’amour de Dieu, a fait que toutes les différences, toutes les barrières diminuent jusqu’à disparaître : il n’y a plus de Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. (4) Se reconnaître et s’aimer en fait comme des frères, par-dessus toute différence de race, de condition sociale, de culture, d’idéologie, est essentiel au christianisme.

Parler de politique n’est pas de mon ressort. Ce n’est pas non plus la mission de l’Opus Dei qui n’a pour seule finalité qu’un objectif spirituel. L’Opus Dei n’a jamais fait ni ne fera jamais partie de la politique de groupes ou de partis, il n’est pas rattaché à une personne ou à une idéologie. Cette façon de procéder n’est pas une tactique apostolique ni une conduite simplement louable. C’est une nécessité intrinsèque qui pousse l’Opus Dei à agir ainsi : c’est sa nature même qui le lui demande et cela est frappé d’un sceau évident : l’amour de la liberté, la confiance en la nature propre du chrétien au cœur du monde qui agit avec une indépendance complète et avec une totale responsabilité personnelle.

Il n’y a pas de dogmes dans les affaires temporelles. Tenter de figer en vérités absolues des questions, que chacun par la force des choses, doit pouvoir examiner de son propre point de vue, selon ses intérêts personnels, ses préférences culturelles ou sa propre expérience particulière, n’est pas compatible avec la dignité humaine. Prétendre imposer des dogmes dans le domaine du temporel conduit, inévitablement, à forcer les consciences des autres, à ne pas respecter le prochain.

Je ne veux pas dire par là que l’attitude du chrétien face aux affaires temporelles doit être indifférente ou apathique. Certainement pas. Je pense, cependant, qu’un chrétien doit rendre compatibles sa passion humaine pour le progrès civique et social et la conscience des limites de ses opinions personnelles, en respectant, par voie de conséquence, les opinions d’autrui et en aimant le pluralisme légitime. Qui ne sait pas vivre de la sorte n’a pas atteint le fond du message chrétien. Il n’est pas facile d’y parvenir et, dans un certain sens, on n’y parvient jamais, parce que le penchant à l’égoïsme et à l’orgueil ne meurt jamais en nous. De ce fait, nous sommes tenus de faire un examen constant, de confronter nos actes à ceux du Christ, pour reconnaître que nous sommes pécheurs et devons recommencer de nouveau. Il n’est pas facile d’y arriver, mais nous sommes tenus de nous efforcer.

Dieu, lorsqu’il nous créa, courut le risque et l'aventure de notre liberté. Il voulut une histoire, vraie de vraie, faite de choix authentiques et non pas une fiction ni un jeu. Tout homme doit faire l’expérience de sa personnelle autonomie avec ce que cela suppose de hasard, de tâtonnements, et d’incertitude par moments. N’oublions pas que Dieu, qui nous donne l’assurance de la foi, ne nous a pas révélé le sens de tous les événements humains. Avec ce qui est totalement clair et sûr pour le chrétien, il y a d’autres choses, de très nombreuses affaires, où les avis peuvent être partagés : c’est à dire, une certaine connaissance de ce qui peut être vrai et opportun mais qu’on ne saurait affirmer de façon incontournable. En effet, non seulement me tromper est dans mes possibilités, mais je peux aussi avoir tout à fait raison et que d’autres l’aient aussi à leur tour. Un objet qui peut sembler concave aux yeux de quelqu’un, semblera convexe à ceux qui sont placés sous un angle différent.

La conscience des limites des raisonnements humains nous porte à reconnaître la liberté comme une condition de la coexistence. Mais ce n’est pas tout et même ce n’est pas le plus important : la racine du respect de la liberté est dans l’amour. Si d’autres personnes pensent autrement que moi, est-ce une raison pour considérer qu’elles sont mes ennemis ? La seule raison peut être l’égoïsme ou les limites intellectuelles de ceux qui pensent qu’il n’y a d’autre valeur que la politique ou les affaires temporelles. Mais un chrétien sait qu’il n’en est rien parce chaque personne a un prix infini et une destinée éternelle en Dieu : c’est pour chacune d’entre elles que le Christ est mort.

On est chrétien lorsqu’on est capable d’aimer non seulement l’Humanité de façon abstraite, mais chaque personne qui passe près de nous. Nous sentir responsables des tâches dont dépend le bien-être des générations futures est une preuve de maturité humaine, mais cela ne peut pas nous conduire à négliger le don de nous-mêmes et le service aux autres dans les affaires les plus banales: avoir un geste d’amabilité avec ceux qui travaillent à côté de nous, vivre une véritable amitié avec nos collègues, avoir pitié de celui qui est dans le besoin, même si sa misère nous semble sans importance à côté des grands idéaux que nous poursuivons.
Parler de liberté, d’amour de la liberté revient à se fixer un idéal difficile : il s’agit de parler de l’une des plus grandes richesses de la foi. En effet, ne nous leurrons pas, la vie n’est pas un roman à l’eau de rose. La fraternité chrétienne n’est pas quelque chose qui tombe du ciel d’une fois pour toutes, mais une réalité à construire au jour le jour. Et ce, dans une vie qui est toujours très dure, avec le choc des intérêts, avec ses tensions et ses luttes, avec le contact quotidien avec des personnes qui peuvent nous sembler mesquines et avec des mesquineries de notre part.
Or si tout cela nous décourage, si nous nous laissons emporter par notre propre égoïsme ou si nous tombons dans l’attitude sceptique de celui qui hausse les épaules, c’est le signe que nous avons besoin d’approfondir notre foi, de contempler davantage le Christ. En effet, ce n’est qu’à cette école que le chrétien apprend à se connaître lui-même et à comprendre les autres, à vivre de telle sorte qu’il devienne le Christ présent parmi les hommes.


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1. Cf. Gal 4, 31 (Vg); Gal 5,1 (Nvg).
2. Cf. Is 55, 8; Rm 11, 33.
3. Rm 8, 31.
4. Gal 3, 28


La nature vocationnelle du mariage chrétien dans les enseignements de saint Josémaria Escriva de Balaguer

Voici un résumé de l’article du professeur Rafael Diaz Dorronsoro publié dans les Actes du congrès « La grandeur de la vie ordinaire qui s’est tenu à Rome, du 8 au 11 janvier 2002. Volume V/2. Hijos de Dios en la Iglesia. Edizioni Universitá della Santa Croce, 2003, pages 9-20.

C’est le 21 novembre 1964 qu’avec la promulgation de la constitution dogmatique Lumen gentium, le magistère a enseigné solennellement, pour la première fois en son histoire, que le mariage est une vocation. Saint Josémaria, important précurseur du concile Vatican II prêchait « vers les années 30 »1 que le mariage chrétien est une vocation. Dans cette étude nous allons considérer quelques enseignements publiés de saint Josémaria qui nous semblent spécialement éclairer la nature vocationnelle du mariage chrétien.

1. La grÂce de la vocation
L’historien Vazquez de Prada, dans sa récente biographie de saint Josémaria Escriva de Balaguer, recueille la description que le fondateur de l’Opus Dei fait de la vocation : « C’est ainsi, en toute rigueur, que don Josémaria voyait sa vocation : ‘Si vous me demandez comment on décèle l’appel divin, comment on s’en aperçoit, je vous dirai qu’il s’agit d’une vision nouvelle de la vie. C’est comme si une lumière s’allumait en nous ; c’est un élan mystérieux qui pousse l’homme à vouer ses énergies les plus nobles à une activité qui, dans la pratique, arrive d’office à prendre corps. Cette force vitale qui est comme une avalanche entraînante, est ce que d’aucuns appellent vocation. La vocation nous conduit, à notre insu, à prendre une position dans la vie que nous maintiendrons avec allant et dans la joie, pleins d’espérance, jusqu’à l’heure du trépas. Il s’agit d’un phénomène qui donne au travail le sens d’une mission, qui ennoblit notre existence et lui donne sa valeur. Jésus se glisse dans l’âme avec un acte d’autorité […] : voilà ce qu’est « l’appel » (Lettre, 9-1-1932, n° 9) » 2 .

Dans cette description il y a plusieurs éléments significatifs. Tout d’abord il est dit que l’appel est une lumière nouvelle dont Dieu est à l’origine, comme saint Josémaria l’enseignera explicitement dans d’autres écrits. Et, sans qu’il faille considérer les questions à caractère psychologique sur la perception de l’appel, ceci montre qu’à l’origine de la vocation il y a une intervention singulière de Dieu, préalable à toute décision humaine et, comme le fondateur de l’Opus Dei le précise aussi, sans aucun mérite de celui qui est appelé : c’est Dieu qui choisit et qui appelle par pure libéralité. De ce fait, il y a vraiment une prédilection divine pour la personne appelée qui ne doit pas être prise pour de l’élitisme, puisqu’il « n’y a rien de particulier à ce que le Seigneur, qui est Père, montre des prédilections déterminées vis-à-vis de l’un ou l’autre de ses enfants : bien que toutes différentes, il en a pour tous. Il donne à chacun ce qui lui convient, pour lui et pour l’utilité de l’ensemble de sa famille et de son travail » 3 .

Pour finir, d’après saint Josémaria, l’appel reçu conduit à donner un sens nouveau à la vie entière et à prendre une position particulière vis-à-vis de Dieu et du monde jusqu’au moment de la mort. De ce fait, la vocation concerne toute l’existence de la personne appelée 4.

2. La vocation chrétienne
« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4). Cette vérité révélée fut inlassablement proclamée par saint Josémaria. Aussi écrivait-il aux fidèles de l’Opus Dei en 1940 que « depuis le 2 octobre 1928, le Seigneur (avait) confié à l’Opus Dei la tâche de bien montrer, de rappeler à toutes les âmes, avec l’exemple de votre vie et avec votre parole, qu’il y a un appel universel à la perfection et qu’il est possible de l’atteindre » 5 .

Le Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes par un dessein divin (cf. 1 Tm 2,5), de sorte qu’il n’a pas été donné, aux hommes sous le ciel, d’autre Nom par lequel ils puissent atteindre le salut (cf. Ac. 4, 12 ; Jc 2, 7). Par conséquent, l’appel à la sainteté est une vocation chrétienne. Et tel qu’il a été révélé, celle-ci se réalise en vertu du baptême : le sacrement de la foi par lequel l’homme s’incorpore au Christ comme un membre (cf. 1 Col 6, 15), devenant fils de Dieu (cf. Ga 4, 5-7), participant à la nature divine (cf. 2 P l, 4) et, de ce fait, réellement saint (cf. 1 Col 1 ; Eph 1, 4 ; 2,19).

En continuité avec la doctrine biblique exposée ci-dessus, saint Josémaria rappelle concrètement aux chrétiens l’appel à la sainteté, puisque « étant membres d’un peuple saint, tous les fidèles ont reçu cette vocation à la sainteté et doivent s’efforcer de répondre à la grâce et d’être saints personnellement » 6 . Il enseigne aussi qu’il n’y a pas un seul instant de la vie du fidèle chrétien qui soit en dehors du dynamisme surnaturel de l’appel à la sainteté, mais qu’elle concerne toute l’existence personnelle. La fidélité à la vocation chrétienne est, par conséquent, à vivre au fil du temps, à tout moment et en toute circonstance de la vie du fidèle baptisé : « Chaque situation humaine est unique, fruit d’une seule vocation divine que l’on se doit de vivre intensément en y réalisant l’esprit du Christ » 7.

Le fondateur de l’Opus Dei insiste tout particulièrement sur l’enseignement de saint Paul dans 1 Co 17-24 qui dit que le travail, les différentes obligations de la vie sociale et politique, tout ce qui tisse la vie humaine est une partie constitutive de la vocation surnaturelle du fidèle chrétien appelé à se sanctifier au beau milieu de ce monde et qui précise que tout type d’évasion des honnêtes réalités quotidiennes est à l’opposé de la volonté de Dieu8 .

Aussi, le fondateur de l’Opus Dei enseigne-t-il que tous les fidèles courants ont reçu une vocation avec le baptême : une lumière qui éclaire constamment chaque circonstance de leur vie ; un élan qui les pousse à se conduire en conformité avec la volonté du Christ et qui suppose une élection gratuite de Dieu.

En considérant, très concrètement, le mariage chrétien, saint Josémaria affirmait, en 1968, que la plupart des fidèles de l’Opus Dei « sont mariés et que, pour eux, l’amour humain et les devoirs conjugaux font partie de la vocation divine. L’Opus Dei a fait du mariage un chemin divin, une vocation et ceci entraîne beaucoup de conséquences pour la sanctification personnelle et pour l’apostolat. Cela fait presque quarante ans que je prêche sur le sens vocationnel du mariage. J’ai vu ô combien d’yeux s’illuminer plus d’une fois lorsque, — alors qu’elles et eux pensaient que dans leur vie le don à Dieu et un amour humain noble et limpide étaient incompatibles—, ils m’entendaient dire que le mariage est un chemin divin sur la terre ! 9»

On voit dans ce texte que pour saint Josémaria l’état de marié du chrétien n’est pas en marge de sa vocation mais qu’il est un état de vie dans et à travers lequel le fidèle courant réalise sa vocation chrétienne. Aussi, tout son enseignement sur l’appel à la sainteté et à l’apostolat du chrétien laïc peut-il se concrétiser, sans le moindre inconvénient, dans la vie des époux chrétiens se greffant sur les circonstances et les devoirs de la vie conjugale et familiale. « La vie ordinaire de la plupart des laïcs se déroule au travail et dans la famille. S’ils tiennent à se sanctifier eux-mêmes et à sanctifier les autres, — et répondre fidèlement à l’appel à être saints et à participer à l’œuvre rédemptrice du Christ — ils ne pourront le faire qu’en sanctifiant leur travail et en sanctifiant leur vie conjugale et familiale.

« Cette grande vérité, clairement perçue par saint Josémaria, magnifiquement développée par le concile Vatican II et éminemment explicitée par Jean-Paul II, dit que la merveilleuse réalité humaine du mariage dont Dieu est l’auteur et qui commença à exister avec la création du premier homme et de la première femme, est, de par sa nature, en mesure d’être divinisée et incorporée au dessein de la grâce et de l’amour divins » 10 . Cependant, saint Josémaria ne se limité pas à la seule considération de la dimension vocationnelle du mariage mais il en souligne ses traits caractéristiques.

3. La vocation matrimoniale
Voici un texte qui est, à notre avis, comme une synthèse de la profondeur de la pensée de saint Josémaria sur la dimension vocationnelle du mariage chrétien : « Pour un chrétien, le mariage n’est pas une simple institution sociale, encore moins un remède aux faiblesses humaines : c’est une vocation surnaturelle authentique. Un grand sacrement dans le Christ et dans l’Église, aux dires de saint Paul (Eph 5, 32) et, en même temps et inséparablement, un contrat qu’un homme et une femme concluent pour toujours, parce que, que nous le voulions ou pas, le mariage institué par le Christ est indissoluble : un signe sacré qui sanctifie, une action de Jésus qui envahit l’âme de ceux qui se marient et les invite à le suivre en transformant toute la vie matrimoniale en un cheminement divin sur terre » 11 .

a) Le mariage chrétien est simultanément une action de Jésus et des époux
En considérant le moment de la célébration du mariage chrétien, saint Josémaria affirme qu’il est à la fois un sacrement du Christ et un contrat entre un homme et une femme. Nous pouvons trouver le fondement biblique de l’origine divine de chaque mariage dans la réponse que Jésus fait aux Pharisiens lorsqu’il rejette la loi de la répudiation et restaure l’ordre originel. Le Seigneur justifie ce qu’il dit en affirmant que ce que Dieu a uni, l’homme ne peut pas le séparer (cf. Mt 19, 6). De ce fait, la constitution pastorale Gaudium et spes du concile Vatican II assure en toute pertinence que le lien conjugal, instauré moyennant l’irrévocable consentement des contractants, est sacré et ne dépend pas du libre arbitre des époux12 : le lien matrimonial est la conséquence d’un acte humain et d’un acte divin simultanés.

De ce fait, « lorsqu’un homme et une femme se marient, bien que leur union soit le produit de leur volonté libre, c’est-à-dire, du don de soi réciproque, c’est malgré tout Dieu qui les unit au sens strict du terme. Eux s’insèrent dans le dessein divin originel sur le mariage. En accord avec ce plan, le mariage n’est pas une réalité exclusive de l’ordre de la création, mais il s’insère dans le plan de la rédemption jusqu’à devenir un signe et une partie du processus salvifique de formation de l’Église en tant que corps et épouse du Christ, sa Tête et son Époux. Ceci dit, c’est le Christ, le Fils de Dieu incarné, en tant que tête du corps auquel ils appartiennent, qui les unit. Chaque époux appartient au Christ par le baptême et lorsqu’ils se donnent l’un à l’autre, ils deviennent en même temps un cadeau du Christ qui donne l’homme à la femme et la femme à l’homme. Tout ceci prouve encore que le sacrement est un acte du Christ sans que cela n’enlève rien à la totalité du sens humain de la donation de soi mutuelle ».

D’après le fondateur de l’Opus Dei, l’action du Christ dans la célébration du mariage-sacrement est une invitation que Jésus fait aux époux à le suivre dans et à travers la vie matrimoniale et familiale qu’il vient d’instaurer. Il s’agit, par conséquent, d’un moment particulier de l’existence chrétienne des époux où ils écoutent la voix du Christ qui leur montre le chemin à parcourir pour atteindre l’espérance de leur vocation. C’est la raison pour laquelle saint Josémaria enseigne avec pertinence qu’«il est important que les époux aient bien saisi le sens de la dignité de leur vocation, qu’ils sachent qu’ils ont été appelés par Dieu à atteindre l’amour divin à travers l’amour humain, aussi ; qu’ils ont été choisis, de toute éternité, pour collaborer avec la puissance créatrice de Dieu dans la procréation et dans l’éducation des enfants ».

La prise de conscience que pour la plupart des personnes, le mariage correspond aux desseins éternels de Dieu est déjà reflétée dans la première édition de Chemin, publiée en 1939 : « Tu ris parce que je te dis que tu as une "vocation au mariage"? — Eh bien, tu l'as. Et c'est bien une vocation ». En 1968, des années plus tard, saint Josémaria insistait sur cet enseignement : « Lorsque j’écrivais ces phrases, vers les années trente, dans les milieux catholiques, dans la vie pastorale concrète, on tendait à promouvoir la recherche de la perfection chrétienne parmi les jeunes en leur faisant apprécier seulement la valeur surnaturelle de la virginité, en laissant dans l’ombre la valeur du mariage chrétien comme autre chemin de sainteté.

Normalement, dans les centres d’enseignement, on ne formait pas la jeunesse de sorte qu’elle puisse apprécier, comme il se doit, la dignité du mariage. Il est encore fréquent maintenant que, dans les exercices spirituels que font les élèves à la fin de leurs études secondaires, on leur fournisse plus d’éléments pour considérer leur éventuelle vocation religieuse que leur orientation possible vers le mariage. Et il y en a — de moins en moins quand même— qui mésestiment la vie conjugale en la montrant aux jeunes comme quelque chose de simplement toléré par l’Église, comme si le fait de fonder un foyer ne permettait pas d’aspirer sérieusement à la sainteté.
Dans l’Opus Dei nous avons toujours procédé autrement et tout en insistant très clairement sur la nature et l’excellence du célibat apostolique, nous l’avons signalée comme un chemin divin sur la terre » 13.

La célébration du mariage devient ainsi le moment au le Christ invite efficacement et effectivement les époux à le suivre dans et à travers la vie matrimoniale et, simultanément, le moment où les conjoints répondent au Christ moyennant leur don et leur acceptation mutuelle en tant qu’époux. Il y a donc une concordance entre la volonté divine et celle des contractants dans l’instauration de la communauté conjugale qui se projette sur le temps des fiançailles — ce temps qui permet « d’approfondir l’amour et la connaissance mutuelle » 14— et lui donne un sens nouveau et définitif : les événements et les expériences de deux personnes qui les ont conduites à se donner mutuellement l’un à l’autre, sont des manifestations de la Providence Divine qui les a choisis dès avant la constitution du monde pour qu’ils suivent le Christ en tant qu’époux. Si la volonté divine est en retrait jusqu’au moment du mariage, la célébration de celui-ci éclaire définitivement tous les événements qui ont conduit à sa réalisation.

Nous pensons ainsi être en harmonie avec les enseignements de saint Josémaria cités précédemment : la vocation suppose la liberté, puisque c’est Dieu lui-même qui a voulu qu’on l’aime et le serve en toute liberté et respecte les choix personnels. Ceci ne veut pas dire que le chrétien n’ait pas à se préoccuper de discerner quelle est la vocation pour lui. La priorité est divine et l’égoïsme peut faire que l’appel de Dieu soit inefficace. L’attitude du chrétien à tout moment de sa vie est de se savoir appelé par le Seigneur « qui nous cherche à tout instant et nous dit : Lève-toi, ne te laisse plus aller, laisse tomber tes aises, tes petits égoïsmes, tes soucis sans importance. Décolle, te voilà vautré, au raz des pâquerettes. Prends de la hauteur, du poids, du volume et gagne en vision surnaturelle » 15. Remplacer l’amour propre par la charité surnaturelle fait que tout ce que le chrétien réalise ait cette dimension surnaturelle, que cela réponde à l’appel que Dieu lance à chaque instant.

Finalement, il faut préciser que l’élévation du mariage à la dignité du sacrement assume la réalité naturelle faisant ainsi que le consentement des conjoints ne perde pas son sens originel : il est toujours un « acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement » 16. Étant donné que la vocation matrimoniale est simultanément un phénomène humain et divin — « un grand sacrement dans le Christ et dans l’Église et, inséparablement, un contrat qu’un homme et une femme établissent pour toujours » — il peut se faire que deux chrétiens se marient sans avoir la perception psychologique d’être en train de répondre à Dieu qui les a choisis de toute éternité pour être mari et femme. Mais cela n’empêche pas qu’ils soient unis par le Christ et l’objet d’une vraie vocation surnaturelle.

b) Invitation de Jésus à le suivre de sorte que toute la vie matrimoniale soit un chemin divin sur la terre
La constitution pastorale Gaudium et spes du concile Vatican II affirme que le Christ, qui a uni les époux chrétiens dans le mariage, « continue de demeurer avec eux pour que les époux, par leur don mutuel, puissent s'aimer dans une fidélité perpétuelle, comme Lui-même a aimé l'Eglise et s'est livré pour elle » 17 . Le sacrement de mariage n’est pas réduit au moment de sa célébration, mais il est un sacrement permanent : les conjoints, en vertu du sacrement de mariage participent constamment, en tant qu’époux, au mystère de l’union entre le Christ et l’Église.

L’invitation initiale à le suivre que Jésus adresse aux époux et qui transforme « toute la vie matrimoniale en un chemin divin sur la terre », ne cesse de se renouveler et de ce fait, ils ne peuvent pas bâtir leur vie chrétienne en marge de leur vie conjugale et familiale. Ils ont reçu un don divin permanent « pour être l'un pour l'autre, et aussi pour leurs enfants, des témoins de la foi et de l'amour du Christ » 18. Aussi, les époux chrétiens sont-ils constamment appelés dans l’Église à être les témoins du mystère auquel ils participent en vertu du sacrement de mariage. Saint Josémaria, lorsqu’il pensait à ces foyers chrétiens « issus du sacrement de mariage » et qui demeurent dans la fidélité au don reçu, disait : «Ce sont des témoins lumineux de ce grand mystère divin — sacramentum magnum ! (Eph 5, 32) — de l’union et de l’amour entre le Christ et son Église ». Et en considérant la tâche de l’Opus Dei auprès des familles chrétiennes, il ajoutait sur-le-champ : « Nous devons travailler pour que ces cellules chrétiennes de la société naissent et se développent dans le souci de la sainteté, avec la conscience que le sacrement initial du baptême confère déjà à tous les chrétiens une mission divine que chacun se doit d’accomplir dans son cheminement personnel.

Les époux chrétiens doivent être conscients de ce qu’ils sont appelés à se sanctifier en sanctifiant, à être des apôtres et de ce que leur premier apostolat est à faire au foyer. Ils doivent comprendre que la fondation d’une famille est une tâche surnaturelle, tout comme l’éducation des enfants et leur rayonnement chrétien dans la société. C’est de cette prise de conscience de leur mission que dépendent, en grande partie, l’efficacité et la réussite de leur vie : leur bonheur, en somme » 19. Et d’insister sur le fait qu’il « est très important que le sens vocationnel du mariage soit toujours à l’ordre du jour aussi bien dans la catéchèse et la prédication que dans la conscience de ceux que Dieu appelle sur cette voie étant donné qu’ils sont déjà réellement et vraiment appelés à s’incorporer aux desseins divins concernant le salut de tous les hommes » 20.

La mission surnaturelle à laquelle les époux sont appelés marque spécifiquement le chemin de sainteté qu’ils doivent parcourir. Ayant été appelés, par le baptême à la perfection chrétienne, c’est en vertu du sacrement de mariage qu’ils doivent y parvenir dans et à travers leur mission particulière dans l’Église qu’est la fondation d’un foyer. « Les personnes mariées sont appelées à sanctifier leur mariage et à se sanctifier dans cette union. De ce fait, ils commettraient une lourde erreur s’ils construisaient leur vie spirituelle en marge de leur foyer et en lui tournant le dos. La vie familiale, les relations conjugales, le soin et l’éducation de leurs enfants, l’effort pour faire aller de l’avant la famille et pour que tous deviennent meilleurs et soient bien assurés, le rapport avec tous ceux qui constituent la communauté sociale, voilà bien des situations humaines et courantes que les époux sont tenus de surnaturaliser » 21 .

4. Conclusion
Le fondateur de l’Opus Dei s’adressait fréquemment aux époux chrétiens pour leur assurer qu’ils ont une vocation. Après avoir exposé son enseignement sur le mariage-sacrement, on perçoit immédiatement que cette exhortation a un sens théologique très profond. Le mariage-sacrement est, dans ses écrits, un appel efficace de Jésus aux époux, en vertu duquel ils sont introduits dans un cheminement à la suite du Christ qui éclaire leur existence chrétienne personnelle et les encourage à la vivre dans la fidélité à la volonté divine moyennant la fondation d’un foyer. De ce fait, nous pensons que les textes qui décrivent le phénomène vocationnel et que nous avons analysés, sont aussi à placer dans la dynamique existentielle chrétienne du mariage-sacrement. En effet, le mariage chrétien est une authentique vocation divine.



Notes
1. Entretiens. 92.
2. A.VAZQUEZ DE PRADA, Le fondateur de l’Opus Dei, Le Laurier, Paris 2001, p. 302.
3. Lettre du 31 mai 1943, n. 60, dans F.OCARIZ, La vocation à l’Opus comme vocation dans l’Église, dans P.RODRIGUEZ-F.OCARIZ-J.L.ILLANES, L’Opus Dei dans l’Église, Nauwelaerts Editions, Belgique 1996.
4. « La vocation allume une lumière qui nous fait voir le sens de notre existence. C’est être convaincu, sous l’éclat de la foi, du sens de notre réalité terrestre. Notre vie présente, passée et future, acquiert un relief nouveau, une profondeur que nous n’avions jamais soupçonnée. Tous ses avatars et ses événements prennent leur vraie place : nous comprenons où le Seigneur veut nous conduire et nous sommes pratiquement emballés par la charge qui nous est confiée » (Quand le Christ passe, 45).
5. Lettre du 11 mars 1940, 25, dans La vocation à l’Opus Dei comme vocation dans l’Église, dans P.RODRIGUEZ-F.OCARIZ-J.L.ILLANES, L’Opus Dei dans l’Église, Nauwelaerts Editions, Belgique 1996, p.l29.
6. Aimer l’Église, 65. Édition du Laurier, 1993.
7. Quand le Christ passe, 112.
8. « N’en doutez pas, mes enfants : toute forme d’évasion des honnêtes réalités quotidiennes est pour vous, hommes et femmes de ce monde, à l’opposé de la volonté de Dieu.
En revanche, vous devez maintenant comprendre — avec une clarté nouvelle — que Dieu vous appelle à le servir dans et à partir des tâches civiles, matérielles, séculières de la vie humaine : c’est dans un laboratoire, au bloc opératoire d’un hôpital, à la caserne, dans une chaire d’université, à l’usine, à l’atelier, aux champs, dans le foyer familial et au sein de l’immense panorama du travail, c’est là que Dieu nous attend chaque jour ». Entretiens, 114.
9. Entretiens, 91
10. W.WAY, Santidad y vida ordinaria, dans AA..VV.. Santidad y mundo. Actas de Simposio teológico de estdio en torno a las enseñanzas del Beato Josemaría Escrivá, Roma 1996 pages 83-84 . À consulter aussi les études concernant la sainteté matrimoniale dans les enseignements de saint Josémaria: C. BURKE, Il Beato Josemaría Escríva e il matrimonio: camino umano e vocazione soprannaturale, dans Romana 19 (1994) 374-384 ; J.DE BOURBON-BUSSET, El matrimonio, vocación sobrenatural, dans AA.VV., Mons. Josemaría Escrivá de Balaguer y el Opus Dei, Pamplona 1982, pages 225-228 ; et F.GIL HELLIN, La vita di famiglia, camino di santitá, dans Romana 20 (1995) pages 224-236.
11. Quand le Chris passe, 23.
12. Cf. Ibidem, 40.
13. Entretiens, 92
14. Entretiens, 105.
15. Amis de Dieu, n° 196
16. CONCILE VATICAN II, const. Apost. Gaudium et spes, 48.
17. Ibidem.
18. CONCILE VATICAN II, const.apost. Lumen gentium, 35.
19. Entretiens, 91.
20. Quand le Christ passe, 30.
21. Ibidem, 23.

 



 



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